Dans l’idéal, le travail devrait être source d’épanouissement et d’évolution. Mais il arrive parfois qu’il nous pèse jusqu’à l’épuisement, voire l’effondrement.
Quand on part pour le bureau avec la boule au ventre, qu’on a le sentiment de tout donner sans résultats, que les journées s’enchaînent sans qu’on puisse se reposer… Ça peut être le signe d’un burn-out !
C’est un syndrome d’épuisement professionnel qui est le fruit d’une situation de travail exigeante et prolongée : surcharge, deadlines intenables, attentes contradictoires, manque de reconnaissance, harcèlement, insécurité de l’emploi…
Comment reconnaître le burn-out ? Les signes à surveiller :
De façon générale, le premier signe à surveiller c’est l’évolution de votre relation à votre travail. Si elle se dégrade, semble atteindre un point de non-retour, ou si votre vie professionnelle empiète sur votre vie personnelle, c’est déjà signe que quelque chose ne va pas.
En cas de burn-out, c’est toute la personne qui est impactée. Vous pouvez identifier des signaux d’alarme au niveau de vos sensations physiques, de votre mental mais aussi de vos comportements.
Sur le plan physique
- Troubles du sommeil : hypersomnies, insomnies, fatigue chronique…
- Troubles cardiaques: palpitations, essoufflements…
- Troubles digestifs : Maux de ventre, nausées, constipation ou diarrhée…
- Douleurs articulaires ou musculaires
Sur le plan mental
- Troubles émotionnels : déprime, angoisse, insatisfaction, irritabilité, agressivité…
- Troubles intellectuels : difficultés de concentration, de mémorisation, d’attention, erreurs…
- Troubles identitaires : baisse de l’estime de soi, de l’assurance, moins d’envies, plus de plaisir dans les hobbies habituels…
Sur le plan comportemental
- Changements des habitudes alimentaires : chute ou augmentation de l’appétit, changement dans les produits consommés…
- Augmentation de la consommation d’addictifs : Tabac, caféine, médicaments, substances illicites…
- Augmentation des attitudes ou des actions négatives, agressives ou violentes.
Poser le diagnostic du burn-out est souvent complexe car c’est une pathologie qui s’exprime différemment pour chacun. Mais vous avez le sentiment de vous reconnaître en partie dans cette description ? Cela peut justifier de consulter un professionnel !
Les solutions face au burn-out
La première chose à faire est de consulter votre médecin généraliste afin d’entamer un processus de diagnostic et de guérison. Il pourra vous prescrire un arrêt de travail de plus ou moins longue durée afin de vous reposer et de mettre en place un suivi.
Il est fortement encouragé de consulter un psychologue qui pourra vous accompagner pour comprendre les causes qui vous ont amenés à l’épuisement professionnel, à l’accepter, puis à vous en libérer (réorganisation, remise en perspective, gestion du stress, affirmation de soi…). Les TCC sont particulièrement indiquées.
En parallèle, il est possible que votre médecin généraliste vous prescrive des médicaments de type anxiolytique et/ou antidépresseur, mais ce n’est pas systématique. Ce traitement vise généralement à vous soulager le temps que vous commenciez à vous relever et à retrouver l’énergie pour prendre soin de vous.
L’objectif de cet accompagnement est de s’assurer que vous retrouviez un équilibre satisfaisant entre vie professionnelle et vie personnelle et que chacune soit épanouissante.
Et après ? Comment se passe le retour au travail ?
Les patients qui ont subi un burn-out sont souvent inquiets de retrouver leur poste. Et c’est compréhensible ! Si l’environnement était toxique, il peut vous rendre à nouveau malade, de la même manière qu’on ne remet pas un poisson dans une eau polluée.
Votre parcours de guérison vous aura idéalement permis de mieux écouter vos besoins émotionnels et physiques, de les verbaliser et de poser vos limites. Cela vous rend plus solide face aux risques professionnels, mais ils sont toujours présents et nocifs. Pour les limiter, vous pouvez faire appel à la médecine du travail.
Le médecin du travail, en s’appuyant sur les rapports transmis par votre généraliste et votre psychologue, identifiera les éléments à risque de votre poste. Il pourra alors préconiser une reprise progressive, une limitation de certaines tâches, un changement d’équipe, une réduction de la charge de travail, ou même une adaptation de votre poste. Une réunion de pré-reprise peut être organisée avec l’employeur et les services RH pour définir des engagements concrets qui assureront un retour sain.
Mais si l’environnement est jugé trop délétère, il pourra parfois vous encourager à changer tout simplement de travail que ce soit par une mobilité interne, un changement d’employeur, ou même une reconversion.
En résumé
Le burn-out ne se résume pas à une fatigue passagère. C’est un épuisement profond qui s’installe dans le temps et qui nécessite un accompagnement adapté. La récupération demande généralement de la patience, mais plus les signes sont repérés tôt, plus il est facile d’agir.
Si vous vous reconnaissez dans certains symptômes, n’hésitez pas à en parler à un professionnel afin de faire le point sur votre situation.